19.09.2007
Le Congo Belge: mise au point: Noterman Jacques, Congo belge, L'Empire d'Afrique, Arobase éd. 2004, extraits; ...
Le Congo belge : mise au point
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(p.15) Les accusateurs de génocide oublient que les Congolais étaient victimes de noirs arabisés, souvent métis, qui les vendaient comme esclaves à raison de plusieurs dizaines de mille l'an. Comment, d'ailleurs, ose-t-on avancer le chiffre de 10 millions de morts? Il n'y avait, évidemment, ni état civil ni registres paroissiaux. Dans ces conditions avancer un chiffre, quel qu'il soit, relève de la fantaisie calomnieuse. D'autant qu'en 1908, quand la Belgique reprend le Congo, la population est de 11 millions d'indigènes. Cette année-là, il n'y avait que 2 943 Blancs au Congo. Comment auraient-ils fait, matériellement, pour occire autant d'indigènes? Au moment des faits, que personne ne se donne la peine de préciser, y avait-il 500 Blancs au Congo? Comment aurait-ils pu, matériellement, tuer autant de gens sur un territoire aussi vaste avec de mauvaises communications, quand il y en avait? De plus quel intérêt y avait-il à massacrer de la main-d'oeuvre? Bref, le prétendu génocide léopoldien s'apparente plus à une honteuse manipulation qu'à une réalité historique démontrée. Que Léopold II se soit fait beaucoup de sous est indéniable. En quoi est-il plus critiquable que l’Angleterre, la France ou le Portugal?
Il y a aussi l'histoire des mains coupées. Selon la légende, pour ne pas gaspiller de munitions, on ne donnait une cartouche qu'en échange d'une main coupée, preuve que l'homme avait été abattu. Cependant, les détracteurs de Léopold II sont incapables de démontrer qu'elles sont la suite d'instructions royales. Au contraire, il semble bien que la coutume de l'amputation soit d'origine africaine. Une commission d'enquête internationale sera envoyée sur place en 1905. Elle réduira à néant la légende des mains coupées par les Blancs. C'est une tradition barbare, certes, mais locale. Il est vrai que le vice-gouverneur Paul Costermans se suicide à son arrivée. Mais on ne peut lui imputer aucune responsabilité dans les abus réels, indiscutables. Son suicide peut s'expliquer par son surnom local gondoko (léopard) donné à cause de son tempérament nerveux et inquiet .
La commission d'enquête internationale sera critique mais juste. D'un côté, elle relèvera la fin de l'esclavage, du cannibalisme, la construction de chemins de fer, de lignes télégraphiques, d'hôpitaux et de missions, une administration et une justice efficaces. Parmi les aspects négatifs, elle cite l'interpétation trop large de la notion de terre vacante, la prise d'otages, bien traités, pour contraindre les chefs d'appliquer les directives coloniales et l'adoption abusive d'orphelins par les missions.
C'est aussi le moment de rappeler que les Britanniques sont assez mal placés pour donner des leçons de moralité coloniale, eux qui répriment la révolte des Cipayes de 1857 en (p.16) plaçant les meneurs sur la gueule des canons, avant d'ouvrir le feu, bien entendu. Joseph Chamberlain déclarera à la chambre des Communes. Les cruautés commises au Congo n'ont rien de pire que celles qui continuent à se commettre sous le drapeau anglais au Transvaal.. Et il savait de quoi il parlait, puisqu'il était ministre britannique des Colonies et qu'à ce titre il avait mené la guerre contre les Boers et réactivé les camps de concentration - pour femmes et enfants encore bien - qui ne sont pas une invention allemande mais espagnole.
Les esclavagistes
La lutte contre les esclavagistes connaîtra une victoire éclatante, celle du colonel
bruxellois Louis Napoléon Chaltin contre les Madhistes. Ceux-là même qui tuèrent le (p.18) général Charles Gordon dit Gordon Pacha lors de la chute de Khartoum en 1885 . C'était en 1897 à la bataille de Bedden.
En 1906, quand Léopold II a la bonne idée d'autoriser les participations britannique et américaine dans les principales sociétés chargées d'exploiter le Congo belge, la campagne anti-belge cesse immédiatement. Si ça n'est pas téléphoné, c'est très bien imité.
Les Anglais n'ont jamais digéré le fait que le Congo, et surtout le Katanga, leur soit passé sous le nez. Ainsi en 1937, le Premier Chamberlain proposera le Congo belge (et l'Angola) à Hitler en échange de la paix. Hitler déclinera quand il apprendra que ni la Belgique ni le Portugal n'ont donné leur accord. Forcément, on ne leur avait pas demandé leur avis. Alors, Hitler gentleman ? Dans le cas présent, la réponse est oui. Pendant la guerre, les Anglais exigeront une dévaluation de 30 % du franc congolais, histoire d'obtenir le cuivre nécessaire à la guerre moins cher que dans leur propres colonies... Le Premier ministre rhodésien Sir Roy Welensky ira même jusqu'à proposer que le Katanga soit admis dans le Commonwealth. C'était en 1960. Audacieux pour le moins.
Quand les noirs torturent les noirs
Toutes les races à toutes les époques ont connu des tyrans sanguinaires. Les Congolais ne font pas exceptions. Un exemple suffira, celui de M'Siri. Vers 1892, ce despote de la race bayeke vieillit assez mal. Qu'on en juge.
Il fait enfermer des femmes dans un enclos avec des molosses. Quelques jours plus tard, on ne trouve plus que des squelettes soigneusement nettoyés. Il y a aussi l'enterrement de victimes, vivantes, debout, seule la tête dépassant. Envie d'une petite gâterie? Un homme est choisi au hasard. On lui enfonce des coins de bois entre les côtes pour lui arracher le coeur dont M'Siri suce avidement le sang et en recrache une partie sur sa suite. Pour les courtisans, c'est un honneur et une marque... d'affection d'être ainsi aspergé de sang encore chaud.
Variante: le coeur humain est jeté dans un vase de pombé (bière locale) dont toute la cour s'abreuve. Je vous ai gardé le pire pour la fin (ou faim). La victime est (p.19) attachée à un arbre sans être nourri. Quand il hurle de faim, on lui donne à manger. Mais pas n'importe quoi: ses propres oreilles, son nez et jusqu'à son bras .
Tout ça c'est de l 'histoire ancienne, rétorquera-t-on. Et les femmes blanches violées lors de l'indépendance? Et les colons assassinés et torturés? L'enthousiasme de l'indépendance? C'est aussi du passé!
Reste tout de même la pratique de l'excision. Encore et toujours effectuée de nos jours. Rappel, l'excision est l'ablation du clitoris chez les jeunes filles à peine pubères. But: éviter qu'elles ne puissent jouir durant l'acte sexuel.
La population
(p.34) Le moins qu'on puisse en dire est qu'elle est fort diversifiée: plus de 300 ethnies. Des pygmées aux Baluba, des Lulua aux Batetela et aux Bangala. De là, des centaines d'idiomes contribuent à former les quatre langues véhiculaires: lingala (Bas Congo, Léo), kikongo, tshiluba et swahili (Katanga). Résultat, il n y a pas de langue indigène nationale. La seule langue nationale, c'est le français. Toutefois, le lingala a été imposé comme langue administrative par le colonisateur.
En matière judiciaire, la peine de mort a été appliquée par pendaison. Etaient particulièrement visés les crimes rituels où le sorcier ordonnait à tel chef de manger le coeur ou le foie d'un enfant.
(p.37) Un mot aussi, sur la chicotte ou nerf de bœuf. C’était un châtiment traditionnel que les justiciables préféraient, et e loin, à la prison. La chicotte sera abandonnée arès la dernière guerre sauf comme saction disciplinaire à la Foce publique et dans les prisons. On notera, sans malice, qu’elle a été réutilisée par certains chefs après l’indépendance…
(p.56) Que reproche-t-on le plus aux Belges? Leur désengagement, leur absence sur le terrain. La preuve? La nouvelle politique africaine de la Belgique est accueillie au Congo avec faveur, voire avec ferveur.
Souvent, on compare la relation Belgique - Congo à celle d'un couple: pour le meilleur et pour le pire. Dans leur langage imagé, les Congolais ne surnomment-ils pas les Belges noko. Le noko, c'est l'oncle maternel, celui qui prend en charge l'enfant en cas de carence parentale.
Cette prise en charge ne s'arrête pas à la majorité. Même si d'aucuns estiment que le terme noko implique une supériorité de l'oncle sur l'enfant. Evidemment, s'il y demande implicite d'assistance, c'est qu'il y a des assistés, au moins en puissance. Ce surnom, réservé uniquement aux Belges, n'est-il pas un émouvant appel au secours ? Il n Ji a sans doute pas de plus convaincante démonstration que la Belgique et les Belges ont fait au Congo plus que leur devoir.
Le colon, un raté?
Disait-on souvent en Belgique. Et sans doute y avait-il dans le tas des aventuriers plus ou moins scrupuleux. Mais le Congo belge n'a pas été, comme l'Australie, fondée par des bagnards. Sans doute cette appréciation peu flatteuse provient-elle du fait que les employés des grosses sociétés percevaient de plantureux traitements: deux salaires (dont un en Belgique), une maison à disposition et plusieurs dizaines de milliers de francs pour s'installer. En ajoutant le personnel domestique, boys et nounous, voilà assez pour susciter la jalousie des métropolitains. Ces sociétés commerciales ne faisaient pas ça par philanthropie mais par nécessité: sans ces avantages, les colons ne seraient pas venus.
En effet, outre l'exil, les inconvénients ne manquaient pas. Ils ont pour noms chaleur et humidité mais, surtout, maladies.
(p.72) On a reproché à la Belgique de n'avoir formé que peu d'universitaires congolais. Et trop tardivement. On a oublié que dès le début des années '20, l'université de Louvain crée une fondation universitaire, la Fomulac (Fondation médicale de l'université de Louvain au Congo). Une deuxième est fondée en 1932, c'est le Cadulac (Centre agronomique de l'université de Louvain au Congo). Si le succès n'est pas au rendez-vous, c'est sans doute à mettre au compte de la mauvaise qualité de l'enseignement secondaire et, donc, des missionnaires qui l'ont en charge.
(p.104) Au Congo belge, l'industrie c'est, pour l'essentiel, le Katanga. Et le Katanga, c'est Jules Cornet. A qui revient le titre de père de la géologie congolaise». A la demande de Léopold II, il évalue les réserves de cuivre katangaises à plusieurs dizaines de millions de tonnes.
LES NON-FERREUX
Par cette province, la Belgique est 3e producteur du monde de cuivre. Depuis sa création le 28 octobre 1906 jusqu'à sa nationalisation, l'Union minière du Haut Katanga extraira 7,8 millions de tonnes de métal rouge. Bien sûr, indispensable pour tout ce qui est électrique, le cuivre est essentiel en temps de guerre: de quoi est fait une douille ou un radiateur de camion? la première coulée du cuivre katangais se fait en 1911. Cette année-là, 998 tonnes de cuivre seront produites. De 1911 à 1938, ce sera un total de 1 839 000 tonnes. Associé au cuivre, tous les métaux nonjerreux : or, argent, platine, étain, zinc, plomb, cobalt, manganèse, radium, uranium, germanium, cadmium. La mine d'uranium et de radium de Shinkolobwe est découverle par l'Anglais Sharp en 1915. Elle se trouve à 20 km de Jadotville (Likasi). En 1919 naît la Société générale métallurgique d'Hoboken, encore aujourd'hui spécialisée dans le traitement des métaux nonjerreux. Dès 1921, on sy attache à la récupération du radium. A cette fin, on s'adjoint la collaboration de Marie Sklodowska, plus connue sous son nom de femme mariée, Curie. Le 8 juillet 1922, l'usine est en route et produit ses premiers huit grammes de radium le 15 décembre.
L'uranium
Ainsi, la Belgique livre plus des 3/4 de l'uranium nécessaire à la fabrication des trois premières bombes atomiques, grâce à la prévoyance d'Edgard Sengier, directeur de l'Union minière qui prend la précaution d'évacuer une parlie du minerais extrait vers les Etats-Unis.
(p.107) Au Congo belge, on trouve de l’or, du diamant, surtout, industiel, du platine, du fer, du charbon, de la malachite, de la cassitérite (70 % d’étain) et des pierres précieuses et semi-précieuses. (p.108) « On comprend mieux l'acharnement, encore actuel, des Britanniques qui n'ont toujours pas digéré leur propre refus de s'intéresser à ces contrées. L'empressement français de s'assurer une présence au Congo n'a pas, non plus, d'autre raison. Là se trouve, en effet, tout ce qu'ils n'ont jamais eu dans leurs propres colonies. »
La guerre 14-18
Les forces belges comptent 12 000 hommes, sous les ordres du général Tombeur20, futur vice-gouverneur du Katanga.
La Force publique aidera d'abord les Français à conquérir le Cameroun. Les Belges entrent à Yaounde en janvier 1915.
A la demande des Britanniques, une colonne belge dégage le nord de la Rhodésie en novembre de la même année.
(p.120) Mais la plus grande opération, celle qui a le pus rand retentissement, c’est évidemment la conquête par les belges de la « Deutsch Ost Afrika » qui débutera en avriil 1916. Pour ce faire deux brigades de deux régiments chacune sont nécessaires. Elles sont constituées avec ‘laide du gouverneur général baron Henry de la Lindi.
La première est aux ordres du colonel Philippe Molitor, futur général, la deuxième est commandée par le lieutenant-colonel Frederick olsen. Après avoir traversé le Ruanda et l’Urundi, les forces coloniales belges pénètrent dans l’Est africain allemand avec armes, y compris l’artillerie, et bagages. Après une bataille de 18 jours Tabora, la deuxième ville en importance de la colonie allemande, est conquise le 19 septembre 1916. A la grande surprise (p.121) des Anglais d'ailleurs. De la sorte, 200 000 km² tombent sous l'autorité belge. Mais les Allemands, sous les ordres du colonel Lettow-Vorbeck, ne s'avouent pas vaincus pour autant. Aussi, en 1917, les Britanniques sont contraints de faire appel aux forces belges. Le colonel Huyghé concentre ses troupes à Dodona et à Kilossa au sud-est de l'Afrique orientale allemande. Malgré un terrain difficile, il prend Mahenge le 9 octobre 1917. Ce qui reste des troupes allemandes se réfugie au nord du Mozambique portugais. La campagne d'Afrique est terminée. Au prix de 257 morts belges, 2500 soldats indigènes et 20 000 porteurs.
Les succès de nos forces coloniales seront récompensés par une tutelle belge sur le Rwanda et l'Urundi, accordée par la Société des Nations en 1922, confirmée plus tard par l'ONU. On ne savait pas alors que les casques bleus de l'ONU se conduiraient de façon criminelle lors de la sécession katangaise allant jusqu'à bombarder ou mitrailler des hôpitaux, des écoles ou des stations d'épuration d'eau. Les criminels de guerre suédois, indiens, éthiopiens ou marocains ne seront jamais poursuivis. Génie politique (très) limité en matière de politique étrangère, John F. Kennedy soutiendra l'ONU. Il ira même jusqu'à menacer de faire intervenir l'armée américaine. Même les Américains salivent devant les richesses katangaises.
La guerre 40-45
Emile Banning (Liège, 1836 - Ixelles, 1898)
D'origine hollandaise. Docteur en philosophie et lettres de l'Université de Liège. journaliste puis fonctionnaire à la Bibliothèque royale. Directeur général du ministère des Affaires étrangères. A ce titre, secrétaire de la conférence géographique de Bruxelles, à l'origine du Congo. Surnommé narquoisement «clopinard» par Léopold II à cause d'une malformation qui le faisait boîter. Avait sa ville au nord-est de Léopoldville. Au cimetière d’Ixelles, son monument a été, bêtement, détruit.
Lucien Bia (Liège, 1852 - Tenke, Katanga, 1892)
Louis Napoléon Chaltin (Ixelles, 1857 - Uccle, 1933)
Lieutenant en 1885. Au Congo depuis 1891. Pal1icipe aux campagnes antiesclavagistes. Commande l'expédition du Nil et inflige une défaite aux Madhistes. Capitainecommandant en 1893. Secoul1 la station des Stanley Falls menacée par les Arabes. Commandant du district de l'Uélé qu'il pacifie au prix d'une blessure. Le musée royal de l'Armée montre encore fièrement les armes qu'il a prises à l'ennemi. A sa rue à Uccle et son buste à Ixelles. Au cimetière d'Ixelles.
Camille-Aimé Coquilhat (Liège, 1853 - Boma, 1891)
Lieutenant. Au 1er, puis au 2e Guides. Au Congo en 1882. Parlicipe à l'expédition de Stanley au Haut-Congo. Termine sa carrière militaire comme capitaine. Cofondateur d'Equateuroille. A l'origine de la creation de la Force publique conçue comme force de police et non comme véritable armée. Commandant du territoire de Bangala. En 1888, nommé par Léopold II comme administrateur génral du département de l’intérieur du Congo. Vice-gouverneur de la colonie le 1er décembre 1890. Avait sa ville sur le fleuve dans la province de l'Equateur. Son dossier, au musée royal de l’Armée, est vide.
Jules Cornet (Saint-Vaast, 1865 - Mons, 1929)
Docteur en sciences naturelles de l'Université de Gand (avec la plus grande distinction) et géologue. Son premier livre est écrit en néerlandais: Iets over de jongst in Henegouw ontdekte fossiele dieren. Au Congo en 1891. Père de la géologie congolaise et découvreur des richesses minières katangaises. Jules sillonnera le Congo armé de son seul marteau de géologue, mais escorté. Il a bien un gros revolver dans ses bagages. Mais il ne servira qu'à... Mons quand il doit aller cherche sa femme et ses enfants un soir où une lionne s'était échappée d'un cirque.
Auteur de plusirues ouvrages qui font toujours autorité. Prof à l'école des Mines de Mons. Donne son nom à la cornetite et à des chutes d'eau sur la Lufira.
Paul Costermans (Bruxelles, 1860 - Banana, Etat du Congo, 1903)
(p.128) Vice-gouverneur du Congo en 1903. Surnommé Gondoko (léopoard) à cause de son tempérament nerveux. En effet, se suicide à l'arrivée de la commission d'enquête internationale instituée par Léopold II sans qu'on puisse lui attribuer une quelconque responsabilité dans les abus constatés. A sa ville de Kivu, la future Bukavu. Au cimetière de Forest.
Henri De Bruyne (Blankenberge, 1868 - Kasongo, 1892)
Sous-lieutenant en 1891, rejoint le lieutenant Lippens à Kasongo où ils sont fait prisonniers. Henri transmet les conditions de leur libération, inacceptables pour les Belges. On lui conseille de franchir le Lomami. Il refuse, arguant qu'il ne veut pas abandonner son ami et chef, Lippens. Ont leur monument à Blankenberge. Seront vengés par Dhanis (» et par la mort de l'instigateur de la révolte, Munie Mohara.
Alexandre Delcommune (Namur,1855- Bruxelles 1922)
Le plus oublié de nos pionniers africains. Premier Belge à mettre les pieds au Congo dès 1874. Assiste à l'arrivée de Stanley à Boma en 1877. Premier à explorer le Haut Congo et le Kasaï. Consul de Belgique à Léopoldville. Son nom est donné à un barrage de lU.M.H.K. sur les chutes du Zilo (lac de retenue de 20000 ha, production de 560 millions de kw/h). Reçoit des mains de Léopold II une médaille d'or avec la mention «La Belgique reconnaissante à Alexandre Delcommune». L U.M.H.K. lui dédicacera une centrale électrique. Au cimetière de Bruxelles-Evere où son buste a été volé par des vandales. Il y était représenté avec son couvre-chef préféré, un chapeau à large bord et non un casque colonial.
Eugène Derscheid
Lieutenant au 1er Grenadiers. Frère de Georges, fondateur d'un sanatorium dans la forêt de Soignes, devenu clinique, et de Marie, première femme médecin diplômée en Belgique.
Termine sa carrière militaire comme capitaine au 7e de Ligne.
Baron Francis Dhanis (Londres, 1862 - Bruxelles, 1909)
Capitaine-commandant du 1er Grenadiers, régiment d'élite de l'infanterie belge. Arrive trop tard pour sauver les lieutenants De Bruyne et Lippens. Livre bataille contre le sultan Sefu qu'il vainc (7 000 morts). Termine comme vice-gouverneur du Congo belge. A sa rue à Etterbeek. Au cimetière de St-Josse-ten-Noode.
Gustave, Gaspard, Edouard Fivé (St-Josse-ten-Noode, 1849 - Bruxelles, 1909)
Emile Francqui
Orphelin, entre à l'Ecole des pupilles. S'engage au 2e de Ligne. Au Congo en 1885. Sous-lieutenant, effectue, des missions en Afrique du sud, au Katanga et à Madagascar. A l'Ecole militaire, sera l'ins/mcteur du futur Albert 1er. Quitte l'armée avec le grade de capitaine. Consul de Belgique en Chine où il oeuvre à la réali5ation du chemin de fer Pékin-Hankéou réalisé par fadot (>). y rencontre Paul Claudel qui le surnomme le « Bonaparte brabançonl». Ministre des Finances en 1926. Créateur du Fonds national de la recherche scientifique, de la Fondation universitaire et du prix qui porte son nom, surnommé le Nobel belge. Avait son port à l’ouest du Kasaï. Une centrale électrique de l’U.M.H.K. portera son nom. Au cimetière d’Ixelles.
Josué Henry de la Lindi (Bohan, 1869 - Bruxelles, 1957)
Fraîchement sorti de l'Ecole royale militaire, part au Congo dès 1892. Y dirige les opérations qui mènent à la capture de chef rebelle Kibonge. Célèbre pour la rapidité de ses décisions ce qui lui vaut le surnom de Bwana Ndeke (l'homme oiseau). De retour en (p.130) Belgique reçoit ses décorations de la main du Roi lui-même. Revient au Congo en 1897 et assure la sécurité des Stanley Falls jusqu'au lac Albert. Gagne la bataille de la Lindi contre les Batetela en 97. Commissaire général de la province Orientale. Après la ]ère G.M., quitte l'armée pour entrer à la Forminière puis à la Compagnie des grands lacs. En décembre 1938 reçoit le titre de chevalier et l'autorisation d'ajouter de la Lindi à son patronyme. Le musée Africain de Namur lui consacre une salle avec de nombreux objets personnels dont le clairon qui sonna la charge lors de la bataille de Lindi. Sy trouve aussi le fétiche que le chef adverse jette puisqu'il ne lui a pas donné la victoire. Découvre la mine d'or de Kilo.
Jean Jadot (Orp-lez-Jemelle, 1862 - Bruxelles, 1932)
Ingénieur, des mines, notamment. Construit des chemins de fer en Egypte, en Chine et au Congo belge. Sa plus étonnante réalisation, c'est le chemin de fer Pékin-Hankéou et ses 1 250 km construits par 120 000 hommes pendant six ans. Y compris un pont de 3 km sur le fleuve jaune qui n'est remplacé qu'en 1958. A Hankéou, la gare belge existe toujours, bien que désaffectée. Fait mandarin à bouton de corail par l'impératrice Tzu-Hi qui inaugure cette ligne dite du Grand Central. Gouverneur de la Société générale en 1913. Avait sa ville au Katanga, depuis 1931, surnommée la capitale du cuivre. Au cimetière d'Ixelles.
Capitaine-commandant du Génie. Au Congo en 1884. Fait partie de la commissionfrancocongolaise qui fixe la frontière du Bas-Congo. Directeur de la station de Léopoldville. Bia disait de lui «Tu aurais mérité de servir aux Guides. Fonde le poste de Bakuma et le premier poste belge au Katanga, Lofoï. Commandant de l'expédition Ubangi-Bomu. Directeur de la Compagnie des chemins de fer des grands lacs. Termine comme directeur au ministère des Colonies. Son dossier, au musée royal de l'Armée, est vide. L'UMB.K. lui dédicacera une centrale électrique dont la puissance (J 478000000 kw/h) est égale, à l'époque, à la plus grande centrale d'Europe occidentale (Génissiat, sur le Rhône). A son avenue à Etterbeek.
Hubert Lothaire (Rochefort, 1865 - Ixelles, 1929)
S'engage au 1er Chasseurs à pied. Puis à la Force publique. Envoyé en Oubangui en 1890. Jugé en 1896 pour avoir fait pendre le trafiquant anglais Stokes. Dénomme Marolles un patelin au nom imprononçable à l'est des Stanley Falls, qui deviendra Maolle.
Commissaire général du Congo belge. Termine comme directeur de la Société anversoise de commerce au Congo. A son avenue à Etterbeek. Au cimetière d'Ixelles.
Joseph Lippens (Bruxelles, 1855 - Kasongo, 1892)
Pierre Ponthier (Ouffet, 1858 - Congo, 1893)
Albert Thys (Dalhem, 1849 - Bruxelles, 1915)
Il serait cependant injuste de limiter cette liste de pionniers aux seuls officiers. Un unique exemple suffira à démontrer que les sous-officiers, eux aussi feront tout le devoir et audelà. Ainsi le sergent Cassart, après deux ans de fatigues africaines, voudra rejoindre Dhanis. Avec 27 soldats et une cinquantaine de guerriers, il fera face à 5 000 guerriers et passera. Ce qui lui vaudra son étoile d'or de sous-lieutenant.
La seule expédition Bia-Francqui parcourera 6212 km en 14 mois, le plus souvent à pied. Au prix de 500 morts dont Bia. Les survivants n'ont pas fière allure. L'expédition part du camp de Lusambo le 21 octobre 1891 pour y revenir le 11 janvier 1893. On sait désormais le Katanga riche d'à peu près tous les minerais mais, surtout, bien sûr, de cuivre.
Le début de la fin de l'aventure congolaise, ce sera les 4 et 5 janvier 1959 et les émeutes durement réprimées au prix officiel de 42 morts et de 300 blessés. En réalité, il y a eu plus de 200 morts. En 1955, après le voyage triomphal du Roi, le professeur A. Van Bilsen avait présenté un plan conduisant le Congo belge à l'indépendance en 30 ans. Tout le monde lui avait ri au nez. Le 13 janvier 1959, le Roi s'adressait à la population en ces termes: « Notre ferme résolution est aujoud'hui de conduire sans atermoiementsfunestes, mais sans précipitation inconsidérée, les populations congolaises à l'indépendance dans la prospérité et la paix. »
Personne ne prévoyait que ces bonnes intentions paveraient un enfer d'atrocités et de barbarie.
Addenda:
1 R. Pire - Cercle Royal des Anciens Officiers des Campagnes d'Afrique (Namur), in : LB 16/12/1998 Histoire: réactions au compte rendu du livre de l'Américain Adam Hochschild qui apporte un autre regard sur la colonisation du Congo Le 13 octobre dernier paraissait dans (...) votre journal un article intitulé «Le Congo de Léopold revisité par un iconoclaste». Soucieuse de défendre la mémoire de ceux qui ont fait le Congo, notre Association ne peut accepter la qualification de «reîtres venus de toute l'Europe» dans laquelle l'auteur de l'article englobe les 2.260 officiers et sous-officiers belges qui ont servi en Afrique de 1877 à 1908. Ils constituaient la large majorité des cadres de l'Etat indépendant du Congo où ils exercèrent aussi bien des fonctions d'administration au sens large du terme que des activités d'encadrement des troupes autochtones. Celles-ci étaient peu nombreuses eu égard à l'immensité du pays: une centaine en 1888, 700 en 1891, 15.000 en 1900, après que fut institué un recrutement de miliciens. Elles durent faire face (...) aux esclavagistes de l'Est du Congo (ce fut la campagne arabe) et aux madhistes menaçant la frontière avec le Soudan (campagne madhiste). Si des exactions, voire des crimes" furent commis, ce ne put être que le fait d'isolés, échappant au contrôle de leurs chefs européens en raison de leur éloignement ou de leur indiscipline. Faire porter la responsabilité de ces faits aux militaires belges qui encadraient la Force publique est une calomnie.
2 Pol Mouzon (1010 Bxl), in : LS 16/12/1998
(...) Ancien élève de l'Ecole royale militaire (105e promotion polytechnique), je me sens particulièrement offensé par cet article qui dénigre ce que les conquérants Belges d'armée) ont fait au Congo, même si quelques excès ont parfois été enregistrés durant toute cette période. (...) Venons-en plutôt à la politique menée par Léopold II dans sa recherche de se forger, dans l'intérêt de la petite Belgique
(...), une place sur le continent africain que se disputent quatre puissances européennes: la France, la Grande-Bretagne, l'Allemagne et le Portugal sans parler de l'Espagne. La période de conquête du territoire a été suivie d'une période de colonisation civilisatrice, pacifique et administrative; avec exploitation commerciale et logique débouchant sur des emplois indigènes en surnombre. D'origine latine, les deux mots « colon » et « colonie» signifient l'un «cultivateur» et l'autre «établissement agricole fondé par une nation dans un pays étranger». (...)
Au contraire des grandes puissances de l'époque, Léopold II base surtout sa «conquête» sur une campagne « anti-esclavagiste » à laquelle les autres nations européennes ne s'associent guère.
(...) Pour terminer, j'aimerais ajouter que l'auteur du livre incriminé fait partie de la nation qui, «elle», a accompli un véritable génocide en exterminant la quasi-totalité des Indiens (...) et que par après c'est ce même peuple américain qui était le principal acheteur mondial des esclaves noirs (...). Avant de regarder dans l'assiette des autres, Adam Hochschild ferait mieux d'examiner ce que ses ancêtres ont perpétré (...) dans son propre pays dont il est: fils de colonisateurs. Aurait-il publié à bon escient dans son livre que c'est grâce au labeur des colonisateurs belges (ses cousins) exploitant les ressources minières d'uranium, acheté par son gouvernement, que la guerre mondiale a été abrégée atomique-ment. Cette finalité a permis l'effort économique du plan Marshall dont la Belgique a bénéficie.
10:30 Écrit par Justitia & Veritas dans Général | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note |
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